Max Ernst - "Une semaine de bonté" - die Originalcollagen

30. Juni bis 13. September 2009

Ausstellungsleitung: Werner Spies

Gemeinschaftsproduktion: Albertina, Wien/ Max Ernst Museum, Brühl / Hamburg Kunsthalle / Fundación cultural MAPFRE, Madrid / Musée d'Orsay, Paris

Zur Website Musée d'Orsay: >>>>>

        

Die Originale für den Collagenroman «Une semaine de bonté» gehören zu den wohlgehüteten Geheimnissen der Kunst des zwanzigsten Jahrhunderts. Die Blätter, die der Drucklegung der berühmtesten Bildgeschichte des Surrealismus zugrunde liegen, wurden bis heute nur ein einziges Mal gezeigt - im März 1936 im «Museo Nacional de Arte Moderna» in Madrid.

Max Ernst fertigte die 182 Collagen im Jahr 1933 in einem dreiwöchigen Urlaub in Italien an. Er benutzte bereits existierende Illustrationen, die nur durch kleinere Aufklebungen verändert wurden. Diese dienten als Druckvorlage für den surrealistischen Bilder-Roman «Une semaine de bonté», der in fünf Büchern im Laufe des Jahres 1934 in Paris erschien.
Das zugrundeliegende Bildmaterial entstammte französischer Trivialliteratur vom Ende des 19. Jahrhunderts, deren Inhalt vielfach Eifersucht, Mord und Totschlag war. Diese «Groschenromane» waren häufig mit groben Holzschnitten illustriert, die Max Ernst als Vorlage für seine Collagen benutzte. Durch geschickte Manipulation der Elemente dieser Illustrationen schuf er eine phantastische, surreale Novelle, die geheime Quellen von Humor und Horror berührt. Die deutsche Fassung des Romans erschien unter dem Titel «Die weiße Woche. Ein Bilderbuch von Güte. Liebe und Menschlichkeit».

Die Ausstellung wurde vom 10. Mai bis 7. September 2008 im Max Ernst Museum in Brühl und vom 19. September 2008 bis 11. Januar 2009 in der Kunsthalle in Hamburg und vom 11. Februar bis 31. Mai 2009 in der Fundación cultural MAPFRE in Madrid präsentiert.

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8. April 2009, Palais Beauharnais, Residenz des Deutschen Botschafters in Paris:

Seine Exzellenz, Reinhard Schäfers, verlieh Werner Spies im Namen des Bundespräsidenten Horst Köhler das Große Verdienstkreuz mit Stern der Bundesrepublik Deutschland.

Remise de la Croix de Grand Officier de l'Ordre de Mérite de la République Fédérale d'Allemagne à Monsieur Werner Spies


www.paris.diplo.de: "En reconnaissance de ses longues années au service des arts plastiques en tant qu'expert et interprète ainsi que pour son rôle de médiateur entre les cultures française et allemande, Werner Spies recevra demain, mercredi 8 avril, la Croix de Grand Officier de l'Ordre du Mérite de la République Fédérale d'Allemagne.
Werner Spies, ami de Picasso, Max Ernst et de nombreux autres artistes a décelé très tôt les nouvelles tendances de l'art contemporain et en est devenu le mentor passionné. A travers ses nombreuses publications et surtout de ses brillants essais sur l'art et l'esthétique publiés dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung, Werner Spies est devenu le critique d'art le plus influentiel de l'Allemagne.
Avant tout, Werner Spies a mis ses connaissances profondes au service des relations francoallemandes.
Directeur du Centre Pompidou à Paris, son étonnant parcours personnel a atteint un premier point culminant avec "Paris-Berlin", une exposition qui a marqué son temps. Elle a constitué un tournant dans l'histoire de la compréhension mutuelle entre Français et Allemands en montrant l'expressionnisme allemand comme le reflet des développements politiques qui aboutissaient au désastre du nazisme. Le fait que l'art allemand en particulier ne puisse pas ne pas être engagé, Werner Spies l'a réaffirmé le 19 octobre dernier dans son éloge d'Anselm Kiefer, le lauréat du Prix de la Paix des libraires allemands, qu'il voit comme un acteur de l'indispensable confrontation des Allemands avec l'histoire.
Werner Spies continue à monter des expositions, notamment sur Picasso et Max Ernst dont il prépare le catalogue raisonné en coopération avec le Centre allemand d'histoire de l'art à Paris.
Son apport a été décisif pour la récente création du Musée Max Ernst à Brühl près de Bonn."

"Als Anerkennung seiner vielen Jahre im Dienste der plastischen Künste in der Eigenschaft als Experte und Übersetzer sowie für seine Rolle als Vermittler zwischen der deutschen und französischen Kultur, erhielt Werner Spies gestern, am 8. April 2009 das große Verdienstkreuz mit Stern der Bundesrepublik Deutschland.
Werner Spies, Freund der Künstler wie Picasso, Max Ernst und vieler anderer, entdeckte bereits früh neue Tendenzen der zeitgenössischen Kunst und wurde auf diese Weise zu einem passionierten Mentor. Mittels zahlreicher Publikationen und vor allem durch seine brillanten FAZ-Artikel über Kunst und Ästhetik wurde Werner Spies zum einflussreichsten Kunstkritiker Deutschlands.
Dabei stellte er vor allem seine profunden Kenntnisse dem Dienst der deutsch-französischen Kunstbeziehungen zur Verfügung. Schon vor dem Antritt seines Amts als Direktor des Musée d’art moderne im Centre Pompidou in Paris, erreichte er dort durch die bedeutende Ausstellung „Paris-Berlin“ einen ersten Höhepunkt in seiner Karriere. Sie löste einen Wendepunkt in der Geschichte des gegenseitigen Verständnisses zwischen Deutschland und Frankreich aus und zeigte die Kunst des deutschen Expressionismus als Reaktion auf die politischen Ereignisse, die im Nationalsozialistischen Desaster endeten. Dass sich auch heute noch in der deutschen Kunst mit dieser Vergangenheit auseinandergesetzt wird, machte Werner Spies in seiner Laudatio auf Anselm Kiefer anlässlich der Verleihung des Friedenspreises des deutschen Buchhandels deutlich, indem er seine Rolle als unverzichtbarer Hauptakteur der deutschen Vergangenheitsbewältigung dokumentierte.
Werner Spies macht weiterhin Ausstellungen zu Picasso und Max Ernst. Er erarbeitete das Werkverzeichnis von Picassos Skulpturen und ist dabei in der von ihm ins Leben gerufenen Forschungsstelle Max Ernst im Deutschen Forum für Kunstgeschichte den letzten Band des Oeuvrekatalogs von Max Ernst zu erstellen. Besonders setzte er sich in den letzten Jahren für die Eröffnung des Max Ernst Museums in Brühl ein, dem Geburtsort des Künstlers." 
 

M. Jacques Lang, ancien ministre de la culture, et M. Werner Spies (CIDAL/Röttenbacher)

Wir geben hier die anläßlich dieser Auszeichnung gehaltene Rede von Werner Spies wieder:

"Monsieur l’Ambassadeur, chère Madame Schäfers,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis, chère Monique, mes chers enfants et petits-enfants, Heidi, Karl, Ludivine et Victoire

Je vous remercie, Monsieur l’Ambassadeur, pour la remise de cette haute distinction et je vous prie de bien vouloir transmettre au Président de la République fédérale d’Allemagne l’expression de ma respectueuse gratitude. J’ai toujours considéré que mon bonheur dépendait d’une amitié forte entre la France et l’Allemagne. Mon attirance pour la France est un sentiment qui remonte très loin. J’ai fait mon premier voyage lorsque j’étais lycéen à Rottweil, une merveilleuse ville à l’orée de la Forêt Noire. Ce voyage spirituel m’a conduit à Ronchamp, pour visiter la chapelle de Le Corbusier, et je lui ai consacré ma première page publiée dans un journal allemand. Je me souviens que le conducteur qui m’avait pris en stop avait hésité à me faire traverser la frontière. Il était persuadé que je voulais entrer dans la Légion Étrangère. Ce que je venais chercher en France, c’était bien, en effet, mon « éducation étrangère ». C’est aussi pour cela que je suis particulièrement ému aujourd’hui de retrouver Philippe Sollers, qui fut l’un des premiers à m’accueillir au moment où je décidai de m’installer à Paris. En me donnant son livre Le Parc, il m’a adressé cette dédicace : « Cette assemblée dans un parc, sans psychologie ». Elle résumait merveilleusement ce que je cherchais dans la littérature et l’art contemporains. Et ce refus du narratif a certainement été pour moi la découverte capitale dans l’actualité culturelle de Paris. Pour un jeune Allemand, la lecture de ces livres était une éthique, une véritable tabula rasa. Kahnweiler, qui avait entrepris de me familiariser avec la rigueur de l’écriture cubiste, la rencontre avec Picasso et Max Ernst, de même que celle de Beckett, Nathalie Sarraute, Michel Leiris, Jean Tardieu, René de Obaldia, Robbe-Grillet, Francis Ponge, Marguerite Duras, Claude Simon et Michel Butor ont confirmé mon penchant anti-expressionniste. À ma demande, ces auteurs se sont mis à écrire des textes pour la Radio et pour la Télévision allemandes. Avec eux, j’ai pu faire des voyages dans ma région natale, pour leur faire découvrir une altérité fondamentale, les églises baroques, et pour les amener aussi devant la tour de Tübingen, où Hölderlin a passé, exclu, enfermé, une grande partie de sa vie. La distance dans laquelle je me suis installé à Paris m’a finalement rapproché de mes origines. Car je restais attaché à mon pays par des liens tout à la fois attendris et angoissés. Dès lors, ma sensibilité était sans arrêt mise à l’épreuve, soit par le malentendu, soit même par les compliments. Je cherchais des couleurs complémentaires. Tout cela est à l’opposé d’un sentiment nationaliste. J’ai eu l’occasion de constater que je vivais dans un siècle de migrations. Beaucoup d’œuvres du XXe siècle sont liées à un déplacement, ont été créés dans un dépaysement, ce dépaysement qui seul vous permet de vous découvrir vous-même et les autres. Heinrich Heine a certainement compté parmi les admirateurs les plus sceptiques de son propre pays. Et pourtant, il n’aura eu de cesse de noter, selon une phénoménologie pointilleuse, les preuves les plus menues de la sympathie des Français pour l’Allemagne. Cela se trouve de même au centre de ma vie. Nous avons la chance de vivre dans une époque où, comme au début du XIXe siècle, les relations intellectuelles entre nos deux pays ne dépendent plus d’arrière-pensées stratégiques. Je suis particulièrement heureux, fier d’avoir pu réaliser avec mes amis français l’exposition « Paris-Berlin ». Je crois que cette manifestation a permis de mieux connaître l’impératif iconographique de l’art d’outre-Rhin. Cette manifestation pluridisciplinaire que Michel Foucault a résumée en disant qu’elle était « la preuve du XXe siècle » s’est efforcée d’ouvrir les portes sur une identité européenne. Des manifestations comme celle-là devraient être les garantes d’une situation que je souhaite désormais irréversible, en assurant qu’à l’avenir, aucun de nos deux pays ne puisse plus s’enfermer dans son mythe personnel et dans son psychodrame. Il ne s’agit pas seulement d’accepter les différences, mais de les faire fructifier. C’est ce qu’entendait d’ailleurs accentuer le sous-titre de notre exposition « Paris-Berlin » : « Rapports et contrastes ». Car il apparaissait déterminant de reconnaître les différences et les spécificités concrètes. Sur ce plan, les relations entre l’Allemagne et la France peuvent servir de modèle. N’avons-nous pas à faire en effet, dans cette rencontre réciproque, à d’importantes réserves de fascination, pour ne pas dire que nous nous trouvons en l’espèce devant la magie majeure en Europe. Je citerai à cet égard ce que relevait en résumé un auteur britannique dans son Histoire des passions françaises : « Les relations entre la France et l’Allemagne se sont exprimées à travers un rapport d’amour-haine qui a toujours tourmenté et frustré les Français. Car s’il est un pays avec lequel la France s’est jamais mariée, c’est bien l’Allemagne. Les trois guerres que les deux pays se sont livrées n’ont pas réussi à faire disparaître la fascination réciproque. En comparaison, l’intérêt de la France pour l’Angleterre n’est resté qu’un flirt. » Ce jugement d’un tiers nous invite à nous interroger sur les fondements de ce mystérieux rapport. Ses réserves ne se situent ni dans l’assimilation, ni dans la distance. Ce qui intéresse les Français ou les Allemands dans la littérature, l’art, le théâtre, la musique ou le cinéma de leurs voisins peut continuer, tout bien considéré, à faire fond sur une source d’énergie inépuisable : le gradient qui se mesure à l’écart mutuel entre ce qui est propre à chacun et qui demeure difficile à traduire. C’est ce qu’indiquait déjà Kafka, à travers une phrase qu’il notait en 1910 dans son Journal : « Si les Français étaient allemands de par leur nature, comme ils seraient admirés alors par les Allemands. » La France m’a donné la chance de ma vie. J’ai trouvé en France des êtres exceptionnels et j’ai noué avec eux des liens d’amitié exceptionnels. La France a eu la générosité de m’accepter. Mon bonheur reste inséparable de ma passion pour mon pays d’origine. Ce soir, Monsieur l’Ambassadeur, je remercie l’Allemagne de tout mon cœur, aussi au nom de tous ceux qui s’efforcent, comme moi-même, de dépasser le « peu de réalité » (André Breton) de toute frontière."
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